« La musicothérapie est l’utilisation efficace de la musique et des éléments musicaux [notamment] par un(e) musicothérapeute diplômé(e) pour promouvoir, maintenir, restaurer la santé mentale, physique, émotionnelle et spirituelle. La musique a des qualités non-verbales, créatives, émotionnelles et structurelles. Ces qualités sont utilisées dans la relation thérapeutique pour faciliter le contact, les interactions, la conscience de soi, l’apprentissage, l’expression de ses émotions, la communication et le développement personnel. »
Canadian Association for Music Therapy, 1994.
La musicothérapie fait partie d’un ensemble de thérapies appelé art-thérapie. Cet ensemble regroupe la musique donc, mais aussi la danse, le théâtre, le coloriage (plus important qu’il n’y paraît), les arts plastiques… Cela consiste tout simplement à utiliser le processus créatif à des fins thérapeutiques. Le but n’est pas artistique, on ne se préoccupe pas de la qualité ou de l’apparence finale, la démarche thérapeutique consiste à progressivement laisser surgir ses images intérieures, qui peuvent être autant le reflet d’expériences du passé que de rêves auxquels on aspire.
Dans le cadre de la musicothérapie, il est surtout question d’accéder à ses émotions et les décharger.
La musique, phénomène universel, est utilisée depuis l’Antiquité pour ses pouvoirs curatifs, sous forme cathartique (qui purifie, libère des éléments considérés comme impurs) ou sédative. L’approche de la musicothérapie est devenue scientifique au cours des XIX et XXème siècles.
Rentrons un peu dans les détails : il existe deux types de musicothérapie, l’une traditionnelle, l’autre moderne.
Musicothérapie traditionnelle
L’art-thérapie n’a pas pour unique but de soigner. Elle peut aussi aider et accompagner les malades au cours d’un traitement. Utilisés comme médiateurs, les arts précités peuvent intervenir en complément des soins pour aider la personne malade à exprimer ses souffrances.
Cette thérapie est dite réceptive lorsqu’elle propose, au sein d’une relation thérapeutique, des dispositifs fondés sur l’écoute, faisant appel à une association libre et une élaboration psychique.
Elle est considérée comme active quand elle propose des dispositifs de travail thérapeutique privilégiant la production sonore et médicale, l’improvisation, la créativité. Les éléments musicaux, tels que le rythme, le son, le timbre, l’intensité, sont utilisés afin de permettre à la personne de s’exprimer, communiquer, créer des liens tout en accomplissant un travail de structuration identitaire.
Musicothérapie moderne
L’Afratapem (Ecole d’art-thérapie de Tours) a établi les bases scientifiques de l’art-thérapie moderne (avec des dominantes musique, arts plastiques, danse, théâtre, écriture …) comme une discipline paramédicale. Sous autorité médicale, elle permet d’orienter et d’évaluer les pouvoirs de la musique dans l’objectif de favoriser la bonne santé des patients. Elle est indiquée pour les troubles de l’expression, de la communication et de la relation.
Le musicothérapeute a pour but l’observation des mécanismes humains impliqués dans la pratique musicale. Le protocole thérapeutique mis en œuvre s’appuie sur des outils méthodologiques spécifiques mettant en lien une indication médicale au regard d’une souffrance, des objectifs et une stratégie thérapeutiques ainsi qu’une évaluation spécifique.
Musicothérapie et spécificité
Le musicothérapeute doit être distingué des psychothérapeutes, psychomotriciens, animateurs ou médiateurs thérapeutiques. En effet, le musicothérapeute apporte un regard complémentaire, qui se doit d’être distingué des autres disciplines comme l’ergothérapie, la kinésithérapie, la balnéothérapie ou l’intervention des musiciens à l’hôpital, par exemple.
Le métier de musicothérapeute
Malheureusement pour notre beau pays, aucun statut officiel de musicothérapeute n’a été adopté en France. Une grille incendiaire professionnelle de musicothérapeute dans le milieu hospitalier PRIVÉ existe bel et bien, même si ce n’est pas le cas dans le milieu public.
Des alternatives sont présentes mais il faut pour cela être adepte de l’expatriation : l’Angleterre, l’Allemagne ou les pays nordiques ont depuis longtemps reconnu officiellement le statut de musicothérapeute. Mais les diplômes que l’on peut y acquérir n’ont aucune équivalence dans notre pays. L’insertion professionnelle inhérente n’est pour le coup pas du tout aisée. Ce n’est qu’une question de temps, soyons-en convaincus.